Jeudi 29 octobre 2009

                             Ambition humaine

 

Tapi là dans un angle de ce gîte infamant

 En ce  premier novembre au goût de fête des morts

Mon amour est parti, et c’est à pêne l’aurore,

Tel le dormeur du val que l’on croit sommeillant

 

De cette alcôve j’observe par la fenêtre en face

 Et au-delà l’automne laissant impitoyable

Des myriades de feuilles s’échoir dans la mélasse

Toutes promises à la mort d’un souffle abominable

 

Bien en deçà encore de ce cadre exigu

Mon âme mélancolique recluse comme un atome

Cherche inlassablement la jouissance et l’arome

D’un cœur complémentaire et joint à son salut

 

Si les feuilles désunies se ramassent à la pelle

De même, chaque corps poussière  s’achève au charnier 

Hâtons-nous donc humains de ne point dédaigner

L’union, la main tendue qui nous rend immortels 

 

Cessons donc de gémir, d’attendre l’au-delà

Nous sommes le libre arbitre, le nectar et la vie

Cependant que ces feuilles à l’allure décatie

N’ont d’autres alternatives que scandale et trépas

 

Nul analogie donc, si l’homme vient à aimer

Qu’un dessein ici bas l’enjoint à investir

Serin, à l’heure venue, il avisera Zéphyr 

De son ferme enthousiasme, que nul ne peut ôter

Par realer - Publié dans : Poèmes - Communauté : Etre pour les autres.
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Dimanche 23 août 2009

Les raisons de la colère

 

Étant enfant, j'avais moi-même subi l'humiliation liée aux attouchements d'un homme. C'était une chose que j'avais en horreur, un mépris si vif qui il m'était alors impossible de considérer la suprématie du male tant elle plonge les victimes de machisme dans la plus profonde des hébétudes. Catherine ne pouvait non plus pardonner dans son for intérieur les caresses érotiques d'un père, fut-il le plus sensible et le plus tendre des hommes. J'ignore par quels arcanes psychologiques, il se fait, que les victimes affectionnent particulièrement leur bourreau, tout comme j’amnistie volontiers et sans réserve mon grand-père pourtant répréhensible pour sa « vulgarité » à mon égard. Bien que la nature n'entende pas ce pardon convaincu d'une même oreille ;  il demeure pourtant si fort ce pardon qu'on a le sentiment qu'il cherche à déjouer l'infamie intérieure dont nous portons les stigmates.

Il évoque sans relâche la sensibilité des transgresseurs pour lesquels nous construisons des justifications plus solides encore que pour n’importe lequel des honnêtes gens. Nul ne semble échapper à cette règle naturelle, de sorte qu'au lieu de reconnaître la réalité tragique de la perversion des uns, chacun des autres culpabilise de ne pas admettre suffisamment le mensonge pieux qu'il se fait à lui-même. Hélas ! en dissimulant ses lourdes blessures derrière le pansage malpropre du déni, l’agressé ne fait pas davantage cesser ses douleurs qu’il n’efface la ruine de son âme. Elle demeure immuablement marquée, et la souffrance indélébile de celle-ci marque aux frais de celui-ci l’odieuse et disproportionnée note à régler pour le plaisir de celui là. Mais, laissons là les considérations sur la double peine vécue par la victime ; sur ce poids du bouc émissaire fautif et dont la honte garantit à l'agresseur l'impunité nécessaire à la poursuite de ces vices. Laissons là également le mécanisme coupable de couverture affective qui bien souvent ne reflète pour celui qui en est victime que la vilenie endurée. Une réponse du double amour (passivité et attendrissement) à la double haine (dépravation et nonchalance).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par realer - Publié dans : confessions intimes
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Lundi 12 janvier 2009

 

          

Saint Augustin, penseur du quatrième siècle, arbore les sentiers de la vie spirituelle avec une acuité redoutable. Tout comme sa méthode, sa philosophie aspire à l'unité de l'intelligence et de la sensibilité. L'exercice spirituel dont il est question ici, montre à quel point il est possible à l'homme de retrouver les traces du divin en lui-même, ces marques naturelles tendant au surnaturel, qu'il exhume lorsqu'il parvient à interroger son âme avec l'intelligence de la foi.

  •       Au-delà de la doctrine, la structure trinitaire de l'expérience chrétienne renvoie donc à la position  "métaphysique » de l'individu. En tant qu'image de Dieu, l'homme répond naturellement à la Trinité du Père, du Fils et du Saint Esprit en y trouvant écho dans le modèle des sciences (logos), par le discernement métaphysique dont son être est capable. Ainsi parvient-il à progresser dans son essence. C'est cette progression dont l'individu était déjà gros qui peut, avec l'aide de l'amour, être assimilée au Saint Esprit.

    N'aurions-nous pas perdu, au fil des époques que nous traversons, cette volonté de concevoir, avec pertinence et par l'étude de la science, l'intelligence et l'unité de l'Un, qui devient pour saint Augustin « Tu » lorsqu'on y adjoint unanimement l'enthousiasme, la sensualité et le cœur ? Saint Augustin nous montre, à travers la réflexion qu'il nous invite à opérer, que c'est en réfléchissant sur Dieu que l'on parvient, à notre échelle, à réfléchir Dieu. Que gagne-t-on alors à compartimenter ou à distinguer froidement les différentes sphères de l'existence humaine ainsi que l'étude contemporaine nous le recommande instamment ?

     

     

     

Par realer - Publié dans : Théologie - Communauté : Etre pour les autres.
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Mercredi 3 décembre 2008

Lauzes, vendredi 28 juillet 2006,

 

L'orage, la pluie de la nuit dernière trahissent encore ce matin la canicule des jours passés. Le goudron tiède exhale aux narines son odeur . Nous sommes arrivés hier, non sans émotion pour ma part puisqu’il y a seize ans de cela, pour la dernière fois de mon adolescence, je foulais le sol de ce pays et n’allais plus le revoir jusqu'alors. Toute ma jeunesse m’était présente à l’esprit, mes yeux redevenus vierges comme à l'état fœtal, exhumaient ce spectacle de l'oubli dont je m'étais rendu victime. C'est alors que, par le truchement mixte du regard et du souvenir, jaillit comme un parfum d'adolescence. J'appréhendais tout d'abord ce cadre à la manière dont on observe un organisme dépouillé de son âme. Pourtant, c'était bien mon corps qui avait évolué, le temps qui avait passé laissant ainsi mon esprit ouvert à toute réminiscence.

Le cadre n'avait guère évolué, pas davantage que ces odeurs dont on ne sait d'où elles viennent mais qui trahissent souvent l'âge des plus anciennes maisons. Je revois la boulangerie, le lieu mitoyen dans lequel mes aïeux vivaient avant de descendre tout le long de la route neuve comme ils l'appellent… Maintenant arrivé à la hauteur du chemin de Bourbousse, je me remémore cette jeunesse bucolique qui m'avait soufflé ceci à l'oreille : « la vie est devant soi lorsque l'on a quinze ans ». Ce n'est pas immédiatement que je reçu confirmation de la pertinence de cet énoncé que j'avais couché sur le papier en visualisant les petits sentiers qui font le charme de lauzes mais son écho n'allait pas tarder à se faire entendre.                                                                       

 

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Jeudi 27 novembre 2008

    

   Les Lumières, préconisent la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable.  cet état de tutelle est l'incapacité de se servir de son entendement sans le controle d'un autre. On en est  chacun responsable quand la cause tient non pas à une insuffisance de l'entendement mais à un manque de résolution et de courage pour s'en servir. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement! Voilà la devise des Lumières.

 

       Paresse et lâcheté sont les causes qui font qu'un si grand nombre d'hommes, après que la nature les eut affranchis depuis longtemps d'une conduite étrangère , restent cependant volontiers toute leur vie dans un état de tutelle; car est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs comme il est si commode d'être sous tutelle.  Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place, un directeur de conscience qui a de la conscience à ma place, un médecin qui juge à ma place de mon régime alimen­taire, etc., je n'ai alors pas moi-même à fournir d'efforts. Il ne m'est pas nécessaire de penser dès lors que je peux payer; d'autres se chargeront bien à ma place de cette fastidieuse besogne. Et si la plus grande partie, des hommes concidère ce pas qui affranchit de la tutelle aussi dangereux que pénible, c'est que leur tuteurs,  dans leur extrême bienveillance, ne manquent pas de le leur faire croire. Après avoir d'abord abêti leur bétail domestique et avoir empêché avec sollici­tude ces créatures paisibles d'oser faire un pas sans la roulette d'enfant où ils les avaient emprisonnés, ils leur montrent ensuite le danger qui les menace s'ils essaient de marcher seuls. Or ce danger n'est sans doute pas si grand, car après quelques chutes ils auraient bien fini par apprendre à marcher;.

 

E.KANT: Qu'est ce que les lumières.

Par Ma vie est ailleurs - Publié dans : Philosophie
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Jeudi 20 novembre 2008

Se poser la question de la portée d'une oeuvre telle que Germinal, s'interroger sur la représentation du collectif, c'est avant tout prendre en compte la dimension métaphorique du texte. Il semble à première vue évident de considérer que Zola ne s'est pas arrêté à la description de la misère du peuple des mineurs, aux conditions de vie dans les corons, ou encore, à ce labyrinthe des mines comparable à celui qui enfermait le Minotaure. Sur un plan symbolique, le climat dépeint par l'écrivain nous confronte à un schisme, scandaleux au sens étymologique du terme, au sens de la chute et du scandale du mal. On ne peut s'empêcher d'avoir à l'idée cette peinture dantesque de l'enfer qui présente à sa manière l'aliénation du monde moderne, la perte du sens de la vie et la rage de ceux qui y sont confrontés.

 

Mais, que faudrait-il penser de la représentation du collectif si le message laissé par le roman à la postérité n'était pas porteur d'espoir ? Envisager une mise en scène d'un groupe, en l'occurrence le groupe social, c'est également considérer que derrière l'opposition remarquée par Henri Mitterrand entre : l'obscurité, la misère et la mine d'un côté, la clarté, les nantis et le confort ; derrière ce fatalisme, apparemment irréductible donc, se cache une lueur d'espoir. C'est précisément cette lueur d'espoir social dont Germinal est le récit. Germinal, c'est avant tout la narration d'un instinct de survie qui triomphe de la mort. C'est pourquoi, comme nous allons le voir, tous les milieux sociaux sont convoqués. On peut également parler de représentation du collectif dans le sens où, à l'image de l'insurrection du peuple sur les barricades chez Victor Hugo, il s'agit ici d'un principe général qui est en germe et qui s’applique au concept d’homme en général.

                               

                          Qu'il s'agisse des Grégoire (famille vivant dans l'opulence), des Deneulin (dont le chef de famille est également patron des mines) des Maheu (miséreux mais dignes) ou encore des Perron (lui est traître) cela illustre bien le collectif qui descend aux enfers jusqu'à la cécité. Mais, cette cécité, c'est avant tout la bourgeoisie qui en est victime. De sorte que les miséreux endurent la difficulté du labeur pendant que les autres y sont insensibles comme aveuglés. Ce n'est pas sans rappeler le rapport entre tirésias capable de voir l'avenir bien que non-voyant et Oedipe que la vue ne sauvera nullement. Belle ironie du sort.

 

                                Dans quel sens doit-on entendre la représentation du collectif ? S'il est question d'un groupe en particulier comme le corps minier par exemple, il faudra tout d'abord mettre l'accent sur cette voix nouvelle qui s'exprime dans le roman. Mais également, comme cela a été ébauché en introduction, la question sera la suivante : n'y a-t-il pas dans Germinal quelque chose qui transcenderait la fatalité du mineur ? Si la grève est un rêve momentané, ne doit-on pas voir en le processus un symbole, celui d'une montée en puissance qui elle, contrairement au roman qui en dessine l'amorce, demeure sans fin ?

 

 

 

       Germinal se donne à voir comme un véritable roman du  peuple, tout d'abord parce qu'il est l'image d'individus qui décident de prendre en main leur destin. Lorsque l’industrie minière annonce que les travaux devant être faits, le seront au détriment du salaire des mineurs, le feu est mis aux poudres. Nous assistons alors à une remontée des opprimés, à une cascade de la violence. La révolte qui était en germe se fait entendre alors. La voix qui porte, c'est celle du renversement des valeurs, du passage d’un système mécanique à un système organique. Le système mécanique c'est celui dont le comportement est dicté par une structure, quand au système organique, il est mu par ce principe selon lequel chacun doit prendre en main la direction de sa vie. Ce n'est pas un hasard si cette remontée du collectif représenté porte précisément le nom de germinal. Il s'agit de l'évocation du calendrier révolutionnaire, le titre de l’œuvre est donc porteur de sens. Il s'agit d'une :     « véritable épopée des opprimés »[1]. C'est en quelque sorte le printemps d'une révolution. La révolte dure neuf mois, le peuple est en effet gros d'un message à venir, il en porte les germes. Il est important de signaler pour comprendre le renversement opéré par le roman, entre la situation initiale et la situation finale, il est important donc de rappeler l'ordre des valeurs ainsi que la représentation du collectif au moment de l’embrasement du peuple.

        Deux mondes s'opposent sur la même terre. Celui de ceux qui la cultivent et sont plus bas que terre autant au sens figuré qu'au sens propre. Celui de ceux qui, à l'image de Madame Hennebeau, véritable caricature du mépris, vivent dans un cocon exempt de misère matérielle. La voix du peuple, celle du collectif minier ne se fait pas entendre. On se souvient de la foule affamée demandant du pain sous le regard ahuri de Monsieur Hennebeau. Cette foule chemine symboliquement du noir « boyaux de la mine » pour aller vers l’extérieur, vers la lumière. Si, à présent le mineur s'éveille, si il plante la graine de son émancipation, la fin du monde des inégalités ne se fait pas encore voir. C'est tout l'intérêt du roman que de montrer qu'un travail d'émancipation progressive est une entreprise de longue haleine de sorte que les mineurs ne sont que les maillons d'une chaîne qui devra poursuivre sa lutte pour tendre de plus en plus à une égalité entre le monde du travail et celui du capital. C'est du moins un des sens parmi les autres que recèle le titre germinal.

                                        

 

 

 

 

  Le roman se donne à voir non seulement selon une perspective téléologique pour les mineurs, mais également selon une perspective eschatologique pour les bourgeois. Eschatologique dans le sens où nous assistons ici au « crépuscule des idoles » pour reprendre cette expression nietzschéenne. Crépuscule de la bourgeoisie qui vit en pleine lumière, ascension du peuple, vivant dans l'obscurité mais faisant entendre sa voix. Il est étonnant de remarquer ce travail d'inversion et de renversement qui s'opère. La lumière est faite sur ceux qui subissait l'obscurantisme et l'obscurité, ceux dont le visage noirci représentait la continuité du travail minier, ceux dont le corps dévoré appartenaient à la mine. Les bourgeois quant à eux sont dépassés par l'idée que le peuple veuillent se réapproprier son propre corps. Le collectif des nécessiteux ne faisait qu'un avant la révolte avec le coron, la mine, c'est semble-t-il dans l'union entre une chair bafouée, et un esprit éclairé venant de l'extérieur, comme celui d'Étienne, que va naître le corps : c'est-à-dire la chair consciente.

 

          Le collectif bascule donc tout comme la bourgeoisie, mais, les deux strates sociales représentées : l'une en quête de clarté, l'autre affaiblie, ceci aboutit à un nivellement . L'homme prend le pas sur ce qui relevait apparemment de l'ordre de la fatalité et il inverse la tendance. Nous avons ici une portée à la fois littéraire, à la fois théologique du propos de Zola. Toutes les descriptions des mines relève de la littérature, l'idée d'un nouveau monde se trouve chez Jean au livre de l'apocalypse : « De pleurs il n'y en n'aura plus aucun, de larmes il n'y en n'aura plus aucune car l'ancien monde aura totalement disparu » cette idée eschatologique est proprement théologique. Entre les deux idées évoquées qui correspondent à deux états : celui de la misère infernale passée, celui de la paix idéale à venir, il existe une tension vers la paix, un juste milieu entre l'enfer et le paradis, entre éros et Thanatos, ce milieu c'est la construction, la germination, ce milieu c'est Germinal. À ce stade de notre étude, il apparaît intéressant d'évoquer le rôle d'Étienne et son rapport à Catherine. Intéressant, dans la mesure où ils sont l'un comme l'autre, l'incarnation concrète du passage, de la pâque entre les vestiges du passé et l’idée du monde à venir.

 

          Germinal est encore davantage semble-t-il que la représentation du collectif, il est son acte de naissance, et en quelque sorte son avènement. Catherine et Étienne contrastent par leur amour à l'acte barbare d'émasculation qui symbolise le paroxysme de la révolte. Il ne sont pas simplement des médiateurs concrets qui viennent figurer la révolte, ils sont tous les deux porteurs d'un message à venir. C’est l'histoire d'un amour vécu au moment de la douleur, mais vierge de toute morbidité. Symboliquement Catherine meurt mais on ignore si elle porte ou non le  germe de l'enfant de demain. Étienne quant à lui, sort de la mine tout comme le peuple sort de sa torpeur. Lui apparaît sous la figure véritable de l'initié. Tout d'abord parce qu’il est étranger au milieu des mines puisque descendant des Rougon Macquart. Il est aussi la figure de l'initié , dans la mesure ou, ne partant d’aucune expérience personnelle au sujet de l'enfer des mines il devient le porte-parole, la voix et la représentation du collectif.

            

             Il s'agit en définitive d'une métamorphose du peuple, d'une métamorphose de la mort devenue fécondité et à travers ce symbole, c'est le principe d'une humanité féconde qui est mis en lumière et qui prend le relais d'une humanité destructrice, du pouvoir de l'homme sur l'homme.  Zola peut conclure alors son oeuvre, sur l'idée que des graines avaient été semées et que bientôt, elles surgiraient sur toute la surface de la terre. Voici le message optimiste qui ressort du roman et qui transcende les descriptions cauchemardesque des conditions de vie. Ces descriptions ne sont, semble-t-il que le moyen, le vecteur qui, au-delà de la réalité, permet à l'écrivain d'affiner encore davantage l'idée symbolique d'un mouvement d’évolution actif, d'une humanité sans cesse en route vers son accomplissement et qui tend le plus possible à l'équilibre des forces, à la construction d'un avenir meilleur.



[1] Gérard Gengembre : commentaire sur germinal

Par Ma vie est ailleurs - Publié dans : Théologie
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Jeudi 20 novembre 2008

La pesanteur de la gloire

 

La chaleur et les couleurs du temps passé me rattrapent encore aujourd'hui. Il arrive parfois, lorsque je flâne dans la nature, qu’une image, une mélodie ou une odeur de printemps me renvoie soudain à ma toute première jeunesse. C'est ainsi, dans cet état de réceptivité émotionnelle, que j'aime à me remémorer, à vivre une fois encore les bons moments passés à tes côtés.

         De l'île aux enfants au temps des secrets de l’adolescence. Présente, attentive,bien souvent zélée, tu veillais sur moi sans me surveiller. Les enfants ont essentiellement besoin d'un appui pour s'engager sur le chemin de leur vie. Répondre de cette exigence, c'est cela aussi, être grand-mère. Mais comment expliquer qu'un amour puisse anticiper vos angoisses, quelle est cette force, qui parvient à vous ôter les craintes de la veille pour finalement vous laisser vous endormir plein d'espoir pour le lendemain ? Je l'ignore, ce que je sais de cet amour c'est qu'il était en toi.

 

Au-delà encore de ce qu'il convient à un enfant, au-delà de la bienveillance propre à certaines grandes mères, je voudrais évoquer ici celle qui fut mon amie d’adulte. L'honnêteté et la franchise que nous partagions l'un envers l'autre, faisaient de nous des confidents réciproques. Parfois, quand je me sentais asphyxié par la vie, mon aïeule me conseillait de me libérer quelque temps et de partir ; aussi, ai-je désiré la même chose pour elle lorsqu'elle me semblait souffrir.

     

      Elle était capable d'allier attachement et principe de réalité, de concilier l’idée centripète, de famille et de proximité avec celle, centrifuge d'indépendance et d'épanouissement. Si certains conçoivent distinctement la famille de coeur et la famille de sang, je dois dire que ma grand-mère couvrait les deux terrains. Elle était bien souvent le paradoxal alibi de mes propres erreurs.

        

         Ma famille est endeuillée, de sang comme de coeur, elle perd l'un de ses garde-fous les plus chers. Quant à moi, j’y trouvais l’être le plus essentiel à ma vie, mais qu'importe la disparition des mistrals gagnant, la perte des choses éphémères qui s'effritent comme un château de sable aux prises avec le vent. Je demeure heureux parce que mamie vit en moi : dans mon cœur et de par son enseignement . Elle est à l'image de ces souvenirs, Immortelle au-delà des apparences.

        

       Si le grain ne meurt, alors, quiconque saura faire la part des choses, entre le bon germe de son existence et l’ivraie de ses derniers instants. Mamie a enrichi le ciel de sa métamorphose, il est rassasié désormais.  Bonne nuit à elle donc, demain est là…

 

Par Ma vie est ailleurs - Publié dans : Psychologie
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Jeudi 20 novembre 2008

 

 

                                                  L'érotisme de Thanatos

 

La vie est devant soi lorsque l'on a quinze ans

Idéaliste, sensible, réceptif au soleil

L’ univers à portée, son parfum enivrant

Nous plonge dans l'illusion d'une jeunesse éternelle

 

Alors, indifférents au temps impitoyable

Convaincu de défier les lois de la nature

Prétextant conserver nos joies intarissables

On aspire à la vie bravant avenir, âge mûr

 

J'ai demeuré ainsi, submergé d'assurance

L’ euphorie ne connaît aucune loi ni mesure

Surplombant mes aïeux avec tant d'arrogance

Hommes ternis par le temps, qu'importait leur culture

 

Oh ! Rois et petits princes : habiles, puissants, sagaces

Inconcernés, Raillant la moindre feuille morte

À l'humaine condition, nulle âme n'obtient de grâce

Sur chaque joie relative, la nostalgie l'emporte

 

À mon tour, je vous semble rabat-joie, déplaisant

Ne me repoussez guère, savourez donc l’été

Aucune seconde à perdre, mêmes adolescents

Fort d'orgueil juvénile, vous les négligerez

 

Lorsque l'on tourne le dos après s'être éveillé

Réalisant les heures passées à notre insu

Cette précieuse existence, snobée par vanité

Bien tard, nous regrettons de n'avoir pas vécu

 

Croyez mon expérience, ne sous-estimez rien

De la vie, les vieillards n'ont pas été déchus

Savourez chaque seconde, l'âge d'or a une fin

Demain, de jeunes fougueux plaindront vos doigts crochus

 

 

Par Ma vie est ailleurs - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 20 novembre 2008

 

 

Éloge de la fainéantise (la revanche de la cigale)

 

La fourmi, ayant bossé tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
quand le fisc fut venu :
Pas le moindre petit radis

Merci qui ? la mère Aubry
Elle alla crier Martine
Chez la cigale sa voisine,
La priant de lui prêter
le laurier du je m’en foutisme
dont les brins sont socialistes
La cigale est paresseuse  :
C'est là son moindre défaut.
-Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette laborieuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je bossais, ne vous déplaise.
- Vous bossiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien ! Payez maintenant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Ma vie est ailleurs - Publié dans : politique
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Jeudi 20 novembre 2008

À qui de droit,

 

Toi, ami de mes joies, tu es parti si vite

je t'aimais tel un frère et voilà qu'aujourd'hui

L'opinion transforme l'aide en une ignominie

Dont je serais coupable avide de vindictes

 

Malgré tous mes faux pas que je déplore hélas

Que mon geste envers toi n'en soit pas altéré

Que la rumeur vorace ne tue pas l'amitié

Ne vois pas en mon âme une envie de rapace

 

Putride de Sylvain, je le lis dans leurs yeux

Il en est qui le croient, d'autres que ça arrange

À une jungle hélas qu'importe l'arrogance

Il n'est pas de scrupule, même pour l'amour de Dieu

 

Durant toutes ces souffrances , la femme dort au soleil

Puisqu'il est encore temps, profite de ta jouissance

Nymphe, ne vient pas pleurer à l'aube de la sentence

Pauvre conscience rongée de douleurs sans pareilles

 

À l'instant, tu l’ignores, je ne suis qu'un scélérat

Plus à plaindre qu'à blâmer, ailleurs et occupée

Tu ignores de la vie, qu'importe c'est le passé

Qu’il est des plaisanteries dont on ne se relève pas

 

Pourtant toi à l'époque, tu m'avais averti

J'étais sourd, épris d'elle, je n'envisageais guère

Cette femme s'interposer pour provoquer la guerre

Et elle y parvint frère, oui elle y réussit…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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