Jeudi 29 octobre 2009

                             Ambition humaine

 

Tapi là dans un angle de ce gîte infamant

 En ce  premier novembre au goût de fête des morts

Mon amour est parti, et c’est à pêne l’aurore,

Tel le dormeur du val que l’on croit sommeillant

 

De cette alcôve j’observe par la fenêtre en face

 Et au-delà l’automne laissant impitoyable

Des myriades de feuilles s’échoir dans la mélasse

Toutes promises à la mort d’un souffle abominable

 

Bien en deçà encore de ce cadre exigu

Mon âme mélancolique recluse comme un atome

Cherche inlassablement la jouissance et l’arome

D’un cœur complémentaire et joint à son salut

 

Si les feuilles désunies se ramassent à la pelle

De même, chaque corps poussière  s’achève au charnier 

Hâtons-nous donc humains de ne point dédaigner

L’union, la main tendue qui nous rend immortels 

 

Cessons donc de gémir, d’attendre l’au-delà

Nous sommes le libre arbitre, le nectar et la vie

Cependant que ces feuilles à l’allure décatie

N’ont d’autres alternatives que scandale et trépas

 

Nul analogie donc, si l’homme vient à aimer

Qu’un dessein ici bas l’enjoint à investir

Serin, à l’heure venue, il avisera Zéphyr 

De son ferme enthousiasme, que nul ne peut ôter

Par realer - Publié dans : Poèmes - Communauté : Etre pour les autres.
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