Ambition humaine
Tapi là dans un angle de ce gîte infamant
En ce premier novembre au goût de fête des morts
Mon amour est parti, et c’est à pêne l’aurore,
Tel le dormeur du val que l’on croit sommeillant
De cette alcôve j’observe par la fenêtre en face
Et au-delà l’automne laissant impitoyable
Des myriades de feuilles s’échoir dans la mélasse
Toutes promises à la mort d’un souffle abominable
Bien en deçà encore de ce cadre exigu
Mon âme mélancolique recluse comme un atome
Cherche inlassablement la jouissance et l’arome
D’un cœur complémentaire et joint à son salut
Si les feuilles désunies se ramassent à la pelle
De même, chaque corps poussière s’achève au charnier
Hâtons-nous donc humains de ne point dédaigner
L’union, la main tendue qui nous rend immortels
Cessons donc de gémir, d’attendre l’au-delà
Nous sommes le libre arbitre, le nectar et la vie
Cependant que ces feuilles à l’allure décatie
N’ont d’autres alternatives que scandale et trépas
Nul analogie donc, si l’homme vient à aimer
Qu’un dessein ici bas l’enjoint à investir
Serin, à l’heure venue, il avisera Zéphyr
De son ferme enthousiasme, que nul ne peut ôter
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